Le testament des poètes


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Retour à la liste des messagesDiscussion n°5652394
 
Eh bien, savez-vous...Mme de Rênal, le 12 Oct à 21:56
Comment m'est venue, entre huit et dix ans, ma vocation d'écrivain? En lisant un roman de la "Semaine de Suzette", "L'héritière de Ferlac" de Marguerite Bourcet. Marguerite Bourcet avait une soeur et était la fille d'un couple, lui, le Docteur Bourcet, elle, morte prématurément... Restée célibataire, après le décès de sa mère et une cruelle déception sentimentale, elle a eu le bonheur de se faire une amie qui l'a vénérée et secondée dans son métier d'écrivain. Marguerite Bourcet a donc commencé par la littérature enfantaine, "L'étoile de Navailles", "Princesse de Neige", suivi de "Romance sans paroles", mais aussi par un recueil de nouvelles, pour les lectrices des antique Veillées des Chaumières, "Le coeur reste le même". Je n'ai jamais vu, à part chez les grands écrivains, une telle élégance d'écriture, une telle capacité à rendre une scène décrite, quelle qu'elle soit, vivante, comme si on y était corps et âme. Mais le livre de sa vie fut la biographie de la Duchesse d'Alençon, une des jeunes soeurs d'Elisabeth d'Autriche, celle qui avait été brièvement fiancée à Louis II de Bavière avant de rompre définitivement pour épouser le duc d'Alençon. Elle périt, brûlée vive, dans l'incendie du Bazar de la Charité.

"L'héritière de Ferlac" débute avec la description d'un tableau vivant, Edith de Ferlac incarnant une damoiselle du Moyen Age. Les commentaires vont bon train dans la salle, car l'adolescente va bientôt quitter son vieux Ferlac pour retrouver ses parents, que des drames familiaux ont poussés à s'expatrier... Elle est impatiente, mais le sort va lui jouer de mauvais tours et elle devra surmonter enlèvement, internement dans un orphelinat, jusqu'à ce que la nécessité de gagner sa vie l'amène chez les Swesengham, afin d'être la demoiselle de compagnie de leur nièce... Isabelle. Qui pleurent, eux, (eh, eh, c'est cousu de fil blanc), la disparition de leur fille... Ce qui ne gâte rien, ces romans étaient illustrés par d'excellents dessinateurs, Raffin, Manon Iessel, Raoul de la Nézière, Guydo, Henry Morin, toutes illustrations qui rendent admirablement le mélange hôtel de maître de l'Ancien Régime et les Arts Déco qui s'annonçaient déjà...

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