 | Equilibre.
J?ai confiance, sur deux pieds bien posé je regarde devant moi, je tiens ma garde , je vois, je me courbe en arrière derrière, puis en avant je vais du lever au couchant, je sais, je suis aux quatre, je suis aux vents, cardinaux, en marchant, bien au chaud, comme la suie, vole autour du feu, cendre d?amoureux. Je suis immobile l?esprit pile c?ur gracile, j?avance, je pense, je fais silence, je manie, je voue ma vie à l?ici saisissable inlassable?La tête froide le cou roide, ma charpente dessine des pentes et des cimes le ventre ressenti au nombril centre et vie pistil les deux bras chantant ensemble sur les mots dansants fleurs de lueurs qui rassemblent. Je suis uni, dans l?harmonie, je sens, je vis. Je m?efforce, souple, élastique, tendant, en force, de couple, électrique, de voir le n?ud, du temps, qui se lie, je veux, je cède, je louvoie, j?accède, à moi, enfin sur deux pieds je vois, devant moi, j?ai confiance? En boule, enroulé en-dedans le temps défile, suit les étoiles, puis s?écroule ; interne par l?adresse de son tracé il discerne il demande à ma vie de le guider. Il trépasse là où il passe, dans l?entrelacs des phases tissées, sur le lac des signes et des phrases osées ; Au fond il suffit au long cordon d?un rasoir pour accoucher d?un ferme espoir, qui glisse en un défi le long du câble oscillant, je veux savoir l?infini, et capable d?être gagnant à coup sûr sauver toutes ces vies ! Je veux cisailler les trames de ces réseaux qui enserrent les esprits et les âmes, et ce soir dans l?air, mes alliées sont les grandes eaux de ma mère, qui m?ont baigné la chair. Dans un cocon de vide, la prime essence me guide, je sens le frôlement de mes sens exaltés, par le rôle du vertige ; elle ne me ment pas la transe qui me fige, elle m?a bien sauvé, la chute n?a pas été, il ne reste dans cette lutte pour l?être entier que le verbe transcendé. En boule, enroulé en-dedans, le temps défile, suit les étoiles, puis s?écroule? L?éternité en colonne, l?axe vertébral, s?abandonne, telle une manne, qui descend des cieux bleus, qui me prend, elle demande une offrande , à se lier aux bienheureux, une poire pour la soif , un souffle de vent sur sa coiffe, un amour absolu, entêtant, une parole entendue, un secret défendu, un acte illuminant. Secrète danse aux accents vifs, corps qui s?élance apprête son chant de suif, flammes sacrées, gestes voués à une vierge aimée, les pieds s?entrelacent, le dos est rond, sans glisser, s?efface, adoration dans la raison saccadée, appel du désir de sa présence, chapelle vivante du soupir de l?absence. Envahi rayonnant dans l?esprit d?un enfant, tourbillonne et rit vêtu de lumière et d?amour chatoyant, prie avec les accents d?une mère princière, pour le sang qui espère, s?abandonne à la main qui l?enveloppe, fredonne d?un air d?airain et puis stoppe, repart de plus belle et diadème étincelle le monde universel, jusque même, l?antique babel, du souffle foudroyant, pour ceux qui souffrent en ne parlant, dans le repos des vivants. Secrète danse aux accents vifs, son corps qui s?élance apprête son chant de suif, flammes sacrées? Le temps n?est plus, l?ardeur de l?absolu, est descendue, l?être s?élève en-dedans, le feu crépite dans les vivants, et l?eau sacrée s?agite? ?bouillonne sans haine sous le masque, la peau, rêche, dans la vasque, de fluide, couleur pêche et verveine ; et le carcan des os, frissonne, sous une larme, acide, perlant, sans dégoût, sur le désir, qui désarme, élan du rire, chantant??Touche le ciel l?arbrisseau, vigne grimpante sous l?aile et le signe de l?eau, aux racines, envahissantes, qui se couchent, qui s?écorchent, métamorphosent la chair sous l?écorce qui se pose, et les branches dessinent,?cette avalanche de fleurs enfantines ; bonheur présent et futur des fruits, mûrs, croqués sous une fine pluie, par celui, des gosses aux joues rouges, qui happent au passage une de tes grappes en nage, qui bougent, jouent, et leurs graines bouillonnent sans haine, sous ton masque, ta peau, rêche, dans ta vasque de fluide, couleur pêche et verveine?
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