 | bonjour, Peut-on classer Palante parmi les anarcho-droitiers qui comme vous le savez stéphane est une famille disparate et hétéroclite,que l'on peut comparer toutes proportions gardées à la famille des Atrides ?.. |
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|  | Alors là , très honnêtement, je dégaine mon "JOKER"... A quels "anarcho-droitiers" faites vous référence? Les libertariens? |
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 | je pense aux anarchistes de droite, tels que en vrac gobineau, bloy, darien, bernanos, céline,aymé,et peut être philippe muray dans sa critique de l'homo festivus. Les anarchistes dits de droite sont plutôt issus d'un courant littéraire libertin du XVII ème,voire du XVIII ème et sont plutôt des "forts en gueule" réfractaires par principe à tous les pouvoirs politiques, et leurs idées ressemblent à s'y méprendre à celles des libertariens (ayn rand ), sauf que me semble t'il,a contrario de ces derniers volontairement naifs, ils n'ont pas du tout confiance en la nature humaine et faut-il s'en étonner, au point d'accepter pour faire contrepoids une certaine forme d'aristocratisme élitiste, reconnaissant de facto une certaine hiérarchisation de la société fondée sur le mérite personnel. Il me semble aussi que Palante parle d'une telle pensée aristocratique mais est-elle liée pour autant à sa lecture de Gobineau où ce dernier écrit dans son essai sur l'inégalité:"des pensées jaillissent de mon tempérament, de ma constitution physique et morale, de l'état de ma santé,de mon bonheur et de mon malheur"... Enfin, c'est ce que je pense, mais vous allez m'en dire plus stéphane? |
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 | Je ne sais pas si je vais en dire vraiment beaucoup plus ! Je ne suis pas un spécialiste de l'anarchisme... D'autres visiteurs seront plus aptes à répondre à cette question.
Lançons nous, malgré tout.
Que Palante puisse être rapproché des personnalités que vous nommez est un fait indéniable. Qu'il y ait, chez Palante des positions qui peuvent être associées à la "droite" est également évident (même s'il est difficile de dire si son "nationalisme", son "antisémitise", ou son "élitisme" sont typiquement de droite et si de telles positions ne peuvent pas aussi se retrouver à "gauche").
Si Palante se rapproche des Bloy, Gobineau, etc. c'est par son dégoût du "vulgaire", de la "masse", du "troupeau", du "nivellement démocratique", par le regard désabusé qu'il porte sur le monde. Ceci n'a pas grand chose à voir avec l'anarchisme qui, pour simplifier, repose quand même sur une vision plutôt positive de l'homme, et sur une croyance dans les valeurs fraternitaires, solidaristes, de coopération...
Je crois que Palante aurait plutôt rattaché les noms que vous citez aux "Révoltés de grand style" qui ont franchi la marche qui les hisse au dessus de l'anarchisme. |
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 | olivier a écrit :
| Peut-on classer Palante parmi les anarcho-droitiers qui comme vous le savez stéphane est une famille disparate et hétéroclite,que l'on peut comparer toutes proportions gardées à la famille des Atrides ?.. |
Onfray, classant Palante parmi les Nietzschéens de gauche, sait qu'il met Palante là où il est un parfait intrus. La perspective individualiste est étrangère à la pensée de gauche. (qui divinise le Progrès et ne conçoit le monde que dans une perspective collective) Pour moi Palante est effectivement apparenté aux anarchistes de droite que je connais bien et qui forment au vrai une « famille » hétéroclite, bigarrée, composée de forts en gueule, d'individus au style et à la pensée puissamment charpentés (Bloy, Léautaud, Bernanos...), volontiers polémistes. La question ne se pose pas lorsqu'on lit Palante.
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 | Merci pour votre intervention.
C'est vrai que la notion de nietzschéisme de gauche, proposée par ONFRAY est quelque peu vague. Cela me refait penser à la réflexion de Houellebecq diant qu'il "faut être un crétin pour se définir comme un nietzschéen de gauche." et j'attends avec impatience la parution (en janvier 2007)d'un ouvrage de Aymeric Monville et Domenico Losurdo intitulé: Pour en finir avec Nietzsche - Misère du nietzchéisme de gauche, suivi de Réponse à Michel Onfray.
Ceci dit, même si la proposition d'Onfray ne résoud rien (ce n'est qu'une formule qui sonne bien d'un point de vue éditorial), elle met néanmoins l'accent sur un point qui a été débattu à plusieurs reprises ici :la difficulté qu'il y a à comprendre une pensée libre et honnête (celle de Palante par exemple!) lorsque l'on s'acharne à vouloir la rattacher à des idéologies précises et restrictives.
Selon l'angle de vue qu'on prend (j'ai essayé de commencer à débrouissailler le chemin ici: http://perso.orange.fr...) on peut trouver des arguments démontrants que Palante aimait Nietzsche, des arguments comme quoi il avait une sensibilité qui, par certains côtés, pouvait être dite de gauche... De la même manière que l'on peut démontrer que Palante "était" un arnarchiste de droite ou un libéral réactionnaire... Tout ceci ne rime pas à grand chose.
Ce sont des exercices d'autant plus vains que, comme Alain Laurent vient de nous le rappeler une fois de plus avec la notion de libéralisme, dans le domaine de la pensée politique, chaque mot possède une telle pluralité de sens qu'il devient quasiment impossible de se comprendre. De quoi parle-ton lorsque l'on parle de libéralisme? du Libéralisme classique? du liberalism aux relents socialistes, du néo libéralisme? du libertariarisme? (Cf Alain Laurent : Le Libéralisme Américain). Idem pour l'idée de "gauche"? Qu'est-ce que ça veut dire? Tony Blair est à gauche, comme Besancenot...
Quant à savoir ce que signifie "être nietzschéen"...
C'est pour cela que l'étiquette anarchiste de droite, même si je suis parfaitement d'accord pour reconnaître chez Palante une certaine parenté avec les différents auteurs que vous citez, ne m'emballe pas non plus. Là encore, on peut trouver dans son oeuvre autant de preuves qui valident cette thèse que de preuves qui l'invalident.
Je crois que Palante s'est efforcé d'être "lui-même", ce qui n'est pas le plus simple et de résoudre la seule question qu'un individualiste convaincu peut se poser honnêtement : comment faire pour traverser sans trop de dégâts, et si possible avec un peu de plaisirs, les quelques decennies de vie qui me sont accordées, sachant que je vais devoir me confronter à tout un tas d'obstacles qui vont me compliquer les choses (normes sociales, réalités économiques, violences symboliques ou réelles...)
On est là dans le domaine de la "survie" plus que dans celui du "programme politique", ne croyez-vous pas? |
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 | webmaster a écrit :
| On est là dans le domaine de la "survie" plus que dans celui du "programme politique", ne croyez-vous pas? |
Oui, mais l'anarchisme de droite n'est pas un programme politique non plus, mais plutôt une sensibilté littéraire. Bernanos n'a pas été qu'un fervent catholique, un affidé des thèses maurassiennes. Il avait une réelle sensibilité de gauche (rien à voir avec le gauchisme contemporain). Marcel Aymé, classé lui aussi parmi les anars de droite, était plutôt un homme de gauche avec de solides amis à droite. Ce qui fait lien entre tous ceux que François Richard classe parmi les anarchistes de droite, c'est la perspective solipsiste, le goût de l'indépendance, l'affirmation d'une pensée originale, en dehors des courants - ce qui n'interdit nullement une sensibilité politique de gauche. Il faut avant cela admettre que l'homme de gauche se définit entre autre par sa croyance au progrès collectif, au sens de l'histoire. L'anarchiste de droite est un pessimiste social, lui. Par bien des aspects, donc, Palante est un anarchiste de droite. Comme en politique nous parlerons d'apparentement. |
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 | Y. Yanka a écrit :
| Oui, mais l'anarchisme de droite n'est pas un programme politique non plus, mais plutôt une sensibilté littéraire. |
L'idée de sensibilité est essentielle chez Palante... S'il a jamais appartenu à un seul parti, c'est probablement à celui de la défense de la Sensibilité Individualiste... le PDSI ! Tiens, ça pourrait être une idée pour les prochaines présidentielles ! |
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 | Vous avez raison,dans son livre "l'anarchisme de droite" françois richard précise bien que cette forme de pensée originale nait et croît d'abondance dans le terreau démocratique et que cet anarchisme si méconnu a des racines culturelles fort anciennes dans le mouvement baroque et dans la pensée libertine... Ces libertins du XVII ème puis du XVIII achèveront cette oeuvre de décomposition de la féodalité théocratique et donneront naissance à l'individualisme aristocratique dont palante me semble-il est un bel exemple, à l'instar du grand Céline et d'autres par exemple gobineau... Micberth semble la dernière incarnation de ce courant de pensée littéraire que la politique a toujours eu du mal à récupérer... Cela étant,françois richard précise que tous ces anarchistes de droite ont tous vécu des expériences cruciales, la guerre pour céline, bernanos, rebatet, la violence et l'emprisonnement pour darien, micberth, etc, et pour palante on peut aussi supposer qu'il a aussi souffert, au point d'en faire un de ces vociférateurs grandioses..Etc.... |
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 | Méfiance, Proudhon a écrit aussi, des choses comme celle-là , il ne faudrait pas l'oublier...
« Ma seule foi, mon seul amour et espoir se situent dans la liberté et mon pays. C'est pourquoi je suis systématiquement opposé à tout ce qui est hostile à la liberté ou étranger à cette terre sacrée de la Gaule. Je veux voir mon pays retourner à sa nature originale, libérée une fois pour toutes des croyances et institutions étrangères. Notre race a pour trop longtemps été sujette à l'influence des Grecs, des Romains, des barbares, des Juifs et des Anglais. Ils nous ont laissé leur religion, leurs lois, leur système féodal et leur gouvernement... Ceux d'entre vous qui m'accusent de ne pas être un républicain n'appartiennent pas vraiment à votre terre. Vous n'avez jamais entendus dès l'enfance, comme moi, les chênes de nos forêts druidiques pleurer pour leur pays antique. Vous ne sentez pas vos os moulés avec de la pierre à chaux pure du Jura, ni n'avez jamais tressaillis à la mémoire de nos héros celtiques ; Vercingetroix, traîné dans la poussière du triomphe de César, Orgetorix, Ariovistus, et le vieux Galgacus vaincu par Agricola. Vous n'avez jamais vus la liberté vous apparaître au bord de nos torrents alpestres sous le couvert de Velleda le Gaulois... Vous n'êtes pas des enfants de Brennus. Vous ne comprenez rien au sujet de reconstituer notre nationalité. Ceci disparaît lointain au delà de la réforme économique et de la transformation d'une société rabaissée, et apparaît comme le but le plus élevé de la révolution de février. Vous êtes du côté de l'Étranger. C'est pourquoi vous trouvez la liberté, qui pour nos ancêtres était la source de toutes les choses, si odieuse. »
 Pierre Joseph Proudhon
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 | Je n'avais pas souvenir que nous avions parlé de Proudhon dans ce sujet, mais c'est un fait que la pensée du bonhomme n'est pas facile à classer. On a tendance à le classer à gauche, mais ses propos nationalistes et antiféministes ne sont pas négligeables.
Je retiens surtout de lui cette idée que la lutte, qu'on le veuille ou non, qu'on s'en réjouisse ou non, reste le principe fondamental de la vie. |
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 | Richard? François Richard? Ne trouvez-vous pas, sous le titre générique "anarchistes de droite" que consacrer une bonne moitié des 128 pages que contient un Que sais-je ? à Michel Berthe dit Micberth relève sinon de la probable amitié hagiographique, d'un procédé digne du Kim Il JUN de Corée ? De surcroît, François Richard, docteur es Lettres de Sorbonne n'a-t-il pas officié aux Puf alors qu'elle étaient dirigées par M. Pascal Gauchon, ressortissant du GRECE, d'Occident, du PFN puis du FN ? Ceci étant, puisque ledit Micberth possède une prose relevant plus (dans la meilleure hypothèse) des coups de gueule d'un Jean Gabin que d'un immense Céline ou de Bloy, vous serait-il possible de resserrer les boulons et de le laisser choir. Sa présence en vos colonnes près de Bernanos, Céline encore ou même Rebatet, m'apparaît plutôt déshonorante pour eux. (Désolée de mon pavé, Aline Scaërin, Brest). |
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 | Bonjour,
Vous n'avez pas à vous excuser de votre pavé car tous les avis ont leur intérêt. L'idée d'anarchisme de droite est de toute manière un terme générique exceptionnellement flou et je suis assez d'accord avec Ygor Yanka quand il décrit cet anarchisme comme relevant avant tout d'une "sensibilité pessimiste" qui ne croit ni au progrès, ni à la bonté naturelle de l'homme, ni aux jolis mensonges vitaux dont ce dernier s'entoure et qu'il confond généralement avec des impératifs moraux.
Cette sensibilité pessimiste peut donc se retrouver chez beaucoup d'individus : des doux rêveurs, comme des adeptes de solutions plus radicales, des humanistes à la Montaigne comme des brutes avides de sang, de revanches et de destructions.
Je connais trop mal François Richard et Micberth pour porter sur eux des jugements précis. J'ai plutôt l'impression que ce sont des "épiphénomènes" qui ne méritent guère qu'on s'y attarde (mais je me trompe peut-être). Par contre, je ne crois pas que Céline, Rebatet et autres Brasillach aient attendu Richard et Micberth pour se déshonorer... |
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 | Excusez moi De minimiser dans votre conversation mais je ne comprend pas comment vous pouvez lier anarchisme et droite. Effectivement, beaucoup de gens rapproche anarchisme et libéralisme. Cependant, il y quelque détail tout de même qui creuse un fausser entre ces deux courant de pensée. Remarquer que je ne dit pas courant politique pour l'anarchisme car aujourd'hui est plus une philosophie de vie que de la politique. Ensuite, anarchie, de sa racine grec veut dire l'ordre sans oppression. L'anarchisme, c'est le respect de chaque chose, c'est, plutôt qu'une construction sociale pyramidale de bas en haut , une construction de bas en haut. Cela ne signifie pas, comme le communisme une dictature du prolétariat mais le le vote par tous (dans un système de référendum) des lois qui régiront la sociétés. Ainsi chacun prenant conscience de l'importance de chaque loi pour le bon fonctionnement de la communauté. A l'inverse, la droite représente le libéralisme qui prône le « chacun pour sois » et la privatisation de chaque chose. Alors s'il vous plais ne confondez pas le respect et la prise de conscience de l'unicité de chaque chose représenter par l'anarchisme avec l'envie de s'approprier chaque chose et le non respect de la liberté et de l'égalité de chacun représenter par le libéralisme.
Par respect pour nous véritable anarchiste qui essayons d'améliorer notre monde par chaque geste que nous faisons, prenez le nom qui vous est véritablement: Libéraliste pur et anarchiste de droite.
Merci |
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 | J'ai la faiblesse de penser que les extrêmes se ressemblent toujours un peu, comme un serpent qui se mord la queue. l'anarchisme et le libéralisme (du moins dans sa dimension hilosophique)ont des racines historiques pas si éloignées que cela. Derrière les idées, il y a toujours des hommes et derrière les hommes, des préjugés et des mensonges vitaux. Ceux qui ont été décrits ici comme étant des "anarchistes de droite" (à tort ou à raison, je n'en sais rien, ce n'est pas une expression qui me dit grand chose, personnellement) se caractérisent surtout par leur refus des faux semblants, des idéaux millénaristes et utopistes. Leur pesimisme et sans doute vain et peu à même de produire une société meilleure, mais ils offrent souvent l'avantage de venir glisser une bonne dose de poil à gratter dans le dos des purs et durs de l'anarchie qui se laissent parfois griser par leurs idées et qui en oublient que derrière les idées, il y a des hommes et derrière les hommes etc... |
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 | "L'anarchiste de droite est un pessimiste social, lui." Vous avez avec Stig Dagerman un contre exemple parfait de votre démonstration. Il était anarchiste, résolument et d'un pessimisme plus profond que tous les exemples mentionnés: Bernanos, Leautaud etc... Si pessimiste qu'il mit fin à ses jours à l'âge de 33 ans... Votre démonstration n'est pas le moins du monde convaincante. Tout simplement parce qu'il n'y a pas d'anarchisme de droite. C'est un hommage rendu à l'anarchisme cependant par des personnages qui en récusent ce qui ne les sert pas et qui s'approprient ce qui seul leur convient. |
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 | Kora a écrit :
| Votre démonstration n'est pas le moins du monde convaincante. |
Pour la simple et bonne raison que ce n'est pas une démonstration, mais une réflexion qui se veut ouverte à toutes les opinions. Je suis d'accord avec vous que cette étiquette d'anarchiste de droite est parafitement bancale (relisez mes différents messages, vous constaterez que je l'ai répété plus d'une fois). Mais c'est aussi vrai que je trouvais qu'elle ne collait pas trop mal à cette famille d'auteurs et d'intellectuels qui ont été cités et qui sont assez inclassables par ailleurs. Nihilistes de droite conviendrait peut-être mieux.
Ce que vous dites sur le pessimisme est intéressant même si je trouve que le pessimisme de Dagerman, qui n'a jamais réussi à se résoudre à admettre l'absurdité de la vie et qui, au fond, a toujours rêvé d'un monde meilleur, est assez éloigné du pessimisme des Bloy, Léautaud, Céline etc., dont le cynisme et le dégoût de tout est au delà de tout espoir de monde meilleur.
C'est pour cela que je suis un peu d'accord avec vous pour ne pas leur attribuer le qualificatif d'anarchiste qui laisserait sous entendre qu'ils sont encore accessibles à une forme d'utopie sociale ou à d'autres formes de millénarismes.
Kora a écrit :
| C'est un hommage rendu à l'anarchisme cependant par des personnages qui en récusent ce qui ne les sert pas et qui s'approprient ce qui seul leur convient. |
S'approprier ce qui seul nous convient... Ou est le mal ? |
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Kora a écrit :
| C'est un hommage rendu à l'anarchisme cependant par des personnages qui en récusent ce qui ne les sert pas et qui s'approprient ce qui seul leur convient. |
S'approprier ce qui seul nous convient... Ou est le mal ? |
C'est du mot anarchisme dont il s'agit. C'est une réappropriation porteuse. Mais vous en convenez elle est mal choisie. Or si elle a été choisie c'est parce que d'entre toutes les idéologies, l'anarchisme, si l'on excepte quelques attentats vengeurs (rares et ciblés), n'a pas fait couler le sang pour se maintenir à flot. C'est aussi, peut-être, la seule idéologie qui ait pris en compte la souffrance. Elle est ainsi une aubaine pour qualifier des écrivains du moment qu'elle s'est avérait "inoffensive". Mais je vois plutôt mal généralement Céline par exemple traiter de la souffrance autrement que par le mépris. A la notable différence de Dagerman. Vallès était anarchiste ça ne fait aucun doute. Son engagement prenait en compte la dimension souffrante du peuple. Mais Leautaud?!! |
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 | Oui, si l'on prend comme principe directeur de l'anarchie la notion de compassion à la souffrance d'autrui, il est clair que quelqu'un comme Léautaud ne peut guère être qualifié d'anarchiste.
Après, cette réduction du principe anarchiste à la prise en compte de la souffrance est un peu réducteur. On peut aussi prendre l'anarchie comme étant une logique de refus des morales dominantes, des mensonges sociaux et des dogmes burgeois (le travail, le mariage, la religion...) Et dans ce cas, Léautaud retrouve sinon une place parmi les anarchistes, du moins un lien faisant qu'il a très clairement avc les anarchistes des ennemis communs.
Mais bien sûr, le fait d'avoir des ennemis communs ne fait pas de nous des amis.
Oublions donc cette idée d'anarchisme de droite qui, de toute évidence, quel que soit son degré d'exactitude embrouille plus les choses qu'elle ne les élaire.
Quel qualificatif retiendriez vous pour qualifier tout ce petit monde, alors ? |
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 | Dans mon esprit la prise en compte de la souffrance est une composante de l'anarchisme parmi tant d'autres. Elle n'est pas exclusive. Il me semblait que c'était implicite.
Je ne retiendrai aucun qualificatif d'ensemble que les écrivains eux-mêmes n'aient préalablement admis. Leautaud demeure Leautaud aussi sûrement que Kerouac acceptait d'être inclu dans la beat generation. Kerouac voyait le mot "beat" à sa façon, qui est la plus sûre, parce qu McClure n'a fait que reprendre à son compte le mot "beat" prononcé par Kerouac. Si Leautaud de son vivant n'a jamais manifesté son appartenance à un groupe c'est qu'il était de toute évidence rétif à la définition. Pourtant, pour quelques remarques odieuses, je n'aime pas spécialement Leautaud, mais je crois qu'il faut respecter l'individualité de l'écrivain parce que c'est aussi cela écrire. "Le seul moyen que j'ai de savoir si une chose est vraie, c'est de la sentir bouger à la pointe de ma pume". Ainsi s'adressait Jean Malaquais à Norman Mailer et l'américain de dire que c'était sans doute la remarque la plus utile qu'on ait fait pour expliquer pourquoi un homme devient écrivain. Ce "vraie" n'est pas réductible à une définition, même si je comprends votre souci de trouver des connivences littéraires et humaines. Mais s'il y a par exemple une familiarité entre Leautaud et Celine, ne serait-ce que parce qu'ils ont été odieux sur la question juive, je vois mal Bloy en leur sein. Ce serait au regard de ces odieux propos une injure faite à Bloy. |
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 | Erratum
Il fallait lire "Dur COMME un totalitarisme susceptible d'éradiquer les causes supposées de nos petites peurs"
P.S.: BHL par rapport à Onfray et même Houellebecq est un cas encore à part. BHL est en tous points un employé aux écritures, détestable. Je concède à Onfray plus de sincérités dans sa critique. BHL c'est tout du dévoiement de l'époque. Onfray n'est pas ainsi. Il n'est ni aussi méchant, ni aussi arrogant que BHL. BHL hait la littérature et c'est pourquoi il lui porte un tort considérable. Des gens comme BHL et d'Ormesson auront eu une grande responsabilité dans l'appauvrissement. Par arrivisme dans les deux cas. d'Ormesson dans son fantasme de rejoindre les illustres anciens, BHL par goût de l'argent et de la gloire, donc plus vulgairement. |
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 | Pourquoi faut-il que les blogs soient pollués par des ignares ? Par exemple, le sire qui se "pseudote" ici : anarchiste devrait tout de même comprendre une bonne fois que pour bien penser, faut bien causer. CQFD. Car des perles telles que : "creuser un "fausser" / chacun pour "sois" / accords de temps, désaccords des qualificatifs et autres pluriels joyeusement ratés" n'incitent guère au respect. Au contraire, de telles balourdises accompagnant une "pensée" plus que mollassonne dans sa construction (pyramidale ou pas), me donnent bien peu envie de voir "mon" monde amélioré par ce que notre cher "anarchiste" nomme des "gestes". Mon Dieu, lesquels ? Lisez plutôt mon vieux, lisez au lieu de prétendre à quelque lucidité de bazar. Kropotkine, Bakounine et Armand Robin au moins. Faulkner si vous avez les couilles...(Aline Scaërin), pour vous servir.
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