Le 18 Juin 2009 à 08:22 GMT+1,
Gérald a écrit :

Re: NOS LIEUX DE VIE

Dans le cadre de la coopération, mon père travaillait à la CAMEL, une usine de gaz. Je suis arrivé en décembre 1961, et je suis né le 21 juin 1952 donc je n?avais pas encore 10 ans. Ma famille a quitté définitivement l?Algérie en août 1970. Nous avons d'abord habité la maison d'un pêcheur, cette maison se situait sur le trottoir d'en face de la maison de Nino, à l'angle de cette même rue et de la rue qui part des immeubles Duquesne et Suffren (militaires à ton époque) et descend jusqu'a la plagette du port. Dans cette 1ère maison nous y sommes restés environ 1 année, (je demanderai des précisions à ma mère). Ce qui voudrait dire que finalement peu de temps après je devais emménager chez toi. Les photos prisent devant le petit débarras en sont le témoignage. C'est vraiment incroyable d'avoir vécu tout cela de manière différente et de se trouver après tant d'années. Dans ton appartement, nous sommes restés environ deux ans, puis nous avons habité à la 3ème rue des jardins (1 année) et puis le reste à la fontaine des gazelles.


J?ai conscience que c?est la période pendant laquelle beaucoup de « pieds-noirs » arrivés en France ont vécu d?énormes difficultés. Autant je comprends leurs douleurs, autant je sais que tout peuple aspire à l?indépendance.
Un peuple c?est à mon sens, toutes ses composantes issues de toutes les migrations de son histoire. La page se tourne, comme le dit si bien Céline, ce qui n?empêche pas de penser que tout cela aurait pu se passer autrement.
J'aime vous lire parce que vous parlez de l'endroit de ma jeunesse et que je comprend vos douleurs et vos souffrances. Pour ce qui me concerne cette période est celle de mon enfance, mon adolescence à Arzew comme vous. Et une chose est sûr, on pouvait encore y être bien (heureux) pendant cette période.
Là bas, pendant cette période j?ai connu l?oncle de Camille (Ramonet), Germaine, Sabater, un républicain espagnol dont je ne me souviens plus le nom, qui après avoir eu (enfin) le droit de revoir sa famille en Espagne est décédé tout juste un an après à Arzew. Et puis d?autres, pieds-noirs, coopérants et Algériens.
Par ces quelques photographies publiées sur ci dessous, je témoigne que « même après », il était possible de vivre en bonne harmonie, de bien y vivre son adolescence et sa jeunesse, d?y être assez heureux pour garder encore aujourd?hui la nostalgie de « notre » Arzew.
Pour les photos : Cliquer ici

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