Le 06 Sep 2010 à 11:57 GMT+1,
Johann johann_kaspar_chez_hotmail.com a écrit :

Re(7): Nietzschéisme de gauche

"Je n'ai pas répondu à la question de savoir si, malgré tout, il était possible d'avoir une lecture "de gauche" du "nietzschéisme". Vos avis sur ce point sont les bienvenus."

Suite aux conférences de Michel Onfray sur France Culture l'année dernière, je me suis plongé dans la lecture de Nietzsche. Ce que j'y ai découvert m'a laissé pantois. Michel Onfray ne propose qu'une caricature de Nietzsche, une caricature élogieuse d'où il a pratiquement retiré tout ce qui pouvait gêner un "homme de gauche". Michel Onfray a dit que Nietzsche n'était "ni de gauche, ni de droite". Certes puisqu'il est d'extrême droite. Il n'est pas nazi, mais certainement un précurseur du nazisme. Tout y est ou presque. Michel Onfray écrit que Mussolini a lu Stirner et qu'il l'a bien compris (évidence que Michel Onfray lui n'a pas compris Stirner). Je ne sais pas si Hitler a lu Nietzsche, mais si c'est le cas, il l'a bien compris. L'oeuvre de Nietzsche est un fourre tout où on trouve tout et son contraire, mais on y trouve surtout le marche pied pour une politique réactionnaire. Nietzsche vomit la démocratie, les femmes, les Anglais, les "décadents" (alors qu'il donne l'exemple de la "décadence" selon ses propres critères), le ressentiment (dont il est rempli lui-même des pages et des pages), le christianisme (qu'il ne comprend qu'à moitié, n'est pas Marx qui veut), l'égalité des humains, etc. "Deviens ce que tu es." La formule appliquée à Nietzsche veut dire qu'il n'est devenu fou que parce qu'il l'était d'abord. Ensuite Michel Onfray cache soigneusement la filiation Stirner-Nietzsche. Sauf que Nietzche développe le côté obscure de Stirner, et qu'il fonde une cause et un autre ciel (ou arrière-monde dans le langage de Nietzsche). La volonté de puissance est une volonté de domination. Il n'y a que les thuriféraires de Nietzsche qui ne le comprennent pas ou qui refusent de le voir. Entre la conception "aristocratique" de Nietzsche et la "race des seigneurs" conquérant un empire, il n'y a pas de différence. De qui Nietzsche fait-il l'éloge: Jules César, Napoléon (et pas Bonaparte), la Russie tsariste. Tout est dit. Tout est parfaitement clair. Si on a besoin d'un exemple supplémentaire, on peut évoquer sa conception du mariage.

RépondreRépondre en citant

Retour au forum "Forum Georges Palante"
Forum consacré au philosophe Georges Palante (1862-1925) ainsi qu'à toutes les