Le 09 Oct 2010 à 00:55 GMT+1,
Johann johann_kaspar_chez_hotmail.com a écrit :

Re(13): Nietzschéisme de gauche

Vous ne comprenez pas mon point de vue?

Il est pourtant fort simple. Nietzsche est politiquement un réactionnaire, il n'est comme le dit si bien Onfray, ni de gauche, ni de droite, mais (j'ajoute) d'extrême droite. Il n'y a rien à sauver chez lui, à moins de se réclamer justement de l'extrême droite. Il prône un impérialisme européen. Il répète jusqu'à plus soif les mêmes antiennes sur les nobles, les esclaves, les femmes. Il n'y a aucun ordre dans son oeuvre. On croirait lire un blog en sautant du coq à l'âne suivant les humeurs, rabâchant encore et encore les mêmes thèmes. Nietzsche prétend inverser les causes et les conséquences. Par exemple, on n'est pas décadent parce que malade, mais malade parce que décadent. Appliqué à lui-même, c'est assez cocasse. Nietzsche le décadent... sauf qu'il n'est pas décadent, il est fou. Depuis le début. Et son alpha et oméga, son principe explicatif, la volonté de puissance ne traduit que sa propre impuissance. Impuissance à échapper à sa folie, impuissance sexuelle. Freud explique tout comportement pas la sexualité, Nietzsche par la "volonté de puissance". L'un comme l'autre, vues de l'esprit, pétition de principes, "vérités" indémontrées et finalement fantasmes personnels. S'il veut détruire le christianisme et une morale liée à cette idéologie, c'est pour essayer d'imposer sa propre religion(*), son propre arrière-monde, sa propre morale, son propre droit, sa propre cause, le tout au bénéfice d'une caste de nobles, les surhommes. La manipulation commence quand il assure ne pas vouloir de disciples. On n'est pas obligé de le croire. Surtout quand il nous crie le contraire à longueur de pages. Quand il se prend pour l'antéchrist ou pour le crucifié (faudrait savoir). Il n'a en outre rien compris au personnage de Jésus quand il nous dit par exemple que c'était le seul chrétien. Ben non, Jésus n'était pas chrétien, si tant est qu'il a jamais existé.

Finalement Nietzsche n'est au mieux qu'un avatar schopenhauerien. Certains des thèmes abordés sont déjà présents chez des auteurs antérieurs, mais au moins dépouillés de la logorrhée et des prétentions nietzchéennes.

Alors que reste-t-il à sauver chez Nietzsche? Peut-être avez-vous une idée?


(*) Toute bonne religion présente nombre d'éléments contradictoires permettant à chacun de puiser dans ce qui fait sens par rapport à sa propre histoire et d'y adhérer. Onfray en est la parfaite illustration. Jean Garnier également. Qui prétend qu'il n'y a pas d'idée de domination dans la volonté de puissance. Ce qui fait penser aux islamistes qui nous disent que le djihad c'est principalement un effort sur soi-même et non pas la guerre sainte. Mais voyons mais c'est bien sûr.

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