Le 28 Nov 2003 à 08:23 GMT,
GAD a écrit :

ANARCHIE DANS LE BATIMENT ET LES TRAVAUX PUBLICS

ANARCHIE DANS LE BATIMENT ET LES TRAVAUX PUBLICS

QUAND LES TEXTES NE SUFFISENT PLUS POUR EVITER LE PIRE

La problématique des études dans le bâtiment et les travaux publics, c?est le thème de la journée internationale de Société de services d?inspection et de conseil, qui aura lieu à Dakar, le samedi 13 décembre. Tenue chaque année sur un thème d?actualité, la question des études dans les bâtiments et les travaux publics est un sujet d?actualité. Un sujet grave qui se pose à chaque fois qu?un ouvrage s?effondre ou menace de s?écrouler.
Chaque année, le Sénégal connaît dans l?ensemble de ses régions, des affaissements de ponts, des effondrements d?immeubles, qui occasionnent souvent des morts d?hommes, d?enfants victimes d?actions parfois qu?on pouvait éviter, en prenant des mesures adéquates. Dans le lot, Dakar supposée être la ville la plus moderne du Sénégal, connaît aujourd?hui, les accidents les plus dramatiques. Organiser un débat sur un problème aussi grave que ces immeubles qui s?effondrent tous les ans, partager avec le public, (spécialiste, techniciens, promoteurs venus de tous bords) est l?enjeu de ces rencontres qui regroupent tous les ans, des connaisseurs du monde du bâtiment.
Vaste moment de concertation, de dialogue et d?échanges, l?objectif des organisateurs de la manifestation, est d?aller au-delà des promesses. En engageant un vaste plaidoyer entre public (l?Etat) et le privé (les promoteurs, entrepreneurs et techniciens), la journée de cette année, à laquelle sont conviés des experts du monde, devrait être aussi un moment important pour introduire une nouvelle grille de lecture dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. Un monde ouvert à tous les excès.
Comme pour anticiper sur la question, le nouveau ministère de l?Habitat et de la Construction a instruit des textes réglementaires, à travers des décrets dans le but d?aller à contre-courant des nombreux accidents. D?abord, à travers la réactualisation des textes et la classification des entreprises agréées du secteur, aptes à travailler dans le bâtiment. Ainsi, par un décret n°2000 en date du 29 février 2000, la composition de la commission de qualification et la classification des entreprises, et artisans de bâtiments et des travaux publics, a été modifiée.
A la date du 30 novembre 2002, une régie intermédiaire des recettes a été instituée à la Direction de la construction et de l?Habitat, pour les besoins du fonctionnement de cette commission et par un autre projet d?arrêté interministériel relatif à la qualification et à la classification des entreprises, entrepreneurs et artisans de bâtiments et des travaux publics élaboré et soumis pour avis aux différentes structures membres de ladite commission.

DES MANQUEMENTS QUI MENACENT LA VIE D?UN SECTEUR EN EVOLUTION

Toutes ces dispositions récentes ont eu sans doute pour mérite d?organiser la vie dans un secteur bien difficile à structurer où les spécialistes se mêlent aujourd?hui aux tâcherons. Où les gens de mauvaise foi ont fini par faire douter les experts et ingénieurs les plus solides.
Aujourd?hui, à chaque fois, qu?un immeuble ou un pont s?écroule, ressurgit le problème global de la sécurité. La question du contrôle, des études techniques, des impacts et des études financières est toujours remise au goût du jour. Mais, jamais des mesures conformes ne viennent rappeler aux nombreuses personnes non averties, la norme contenue dans les textes d?urbanisme et le Code de la construction.
Pour le ministère de l?Habitat, " les insuffisances constatées dans la mise en ?uvre des travaux de construction lors de ces différents accidents, mortels pour certains, posent le problème de la réglementation du secteur de la construction en général et du contrôle de sa mise en ?uvre en particulier. Il interpelle, peut-on entendre du côté du ministère de l?Habitat, sur la rigueur de l?exercice de ce contrôle. " Pour renforcer l?efficience et l?efficacité des services techniques impliqués dans le processus de sécurisation des bâtiments, l?idée a été soulevée de mettre sur pied un code de construction qui définissait les règles applicables aux constructions, comme le statut des différents intervenants et les relations entre constructeurs et bénéficiaires de ces réalisations.
C?est ainsi dans ce contexte que ce code de construction qui a été élaboré et a fait l?objet d?une circulation, pour avis au niveau des différents départements ministériels et des différents partenaires impliqués dans la construction. Examiné par le conseil des ministres, il devrait bientôt entrer en application. Une étape, à laquelle, il ne faudra pas se plier. Le plus difficile étant de faire connaître et de faire respecter la loi au grand nombre.

Mame Aly KONTE Sud quotidien 281103




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