Le 21 Juin 2006 à 09:56 GMT,
GAD a écrit :

Re: SAINT-LOUIS Les ravages d’un canal de délestage



Devant les dégâts causés par le canal de délestage de la langue de Barbarie : Thierno Lô dénonce le défaut d'études d'impact

De 4 m à l'origine, le canal de délestage de la Langue de Barbarie, à Saint-Louis est passé à 1 300 m en trois ans, soit une progression de plus de 33 m par mois. Et ce sont les riverains de cette bande de sable séparant, depuis des millénaires, le fleuve et l'océan qui paient cash les effets néfastes de ce désastre écologique qui est dû, selon le ministre de l'Environnement en visite sur les lieux, à l'absence d'études d'impact avant sa réalisation.

SAINT-LOUIS- L'eau est source de vie. Mais quand elle est mal utilisée, mal traitée, polluée, elle peut être source de désagréments, voire de destructions ou de morts. Il convient d'user de cette manne céleste avec beaucoup de doigté et en connaissance de cause. Et les circuits par lesquels passe l'eau (lits, chenals, canaux) sont des données naturelles dont il faut respecter les configurations ou, si le besoin se fait sentir de les modifier, de le faire, en ayant au préalable, établi des études d'impacts sérieuses et objectives. Ce qui n'a certainement pas été le cas quand il s'est agi de creuser le canal de délestage de la Langue de Barbarie, à Saint-Louis.
De 4 m, ce canal est passé à 1 300 m en trois ans, soit une progression de plus de 33 m par mois. Cette progression du canal creusé sur la langue de barbarie, longtemps occultée et reléguée au second plan, refait surface aujourd'hui. Creusé il y a de cela trois ans par le génie militaire avec l'expertise d'un ingénieur marocain, pour faire face aux récurrentes inondations de Saint-Louis, ce canal est en train de complétement modifier l'environnement et le système écologique qui en dépendaient. Or, à ce jour, aucune réponse satisfaisante n'a été apportée aux multiples questions que ne cessent de se poser les riverains de cette bande de sable séparant, depuis des millénaires, le fleuve et l'océan. Les populations du Gandiolais, qui paient cash les effets néfastes de cette nouvelle brèche, semblent désemparées face à la salinisation de leurs terres jadis consacrées au maraîchage. Dans la zone, la question de la salinisation des puits en toutes saisons, se pose avec acuité, depuis l'ouverture de la brèche. Les pêcheurs ne parviennent à capturer, sur les lieux jadis poissonneux, que très peu de poissons. La bande de terre de Doune Baba Dièye, les hôtels et autres constructions environnants risquent d'être rayés de la carte de Saint-Louis à cause de l'avancée des eaux. Ce désastre écologique n'a pas laissé de marbre le ministre de l'Environnement et de la Protection de la nature, en visite à Saint-Louis, à l'occasion de la célébration du 30e anniversaire du parc national de la Langue de Barbarie.
Après avoir marqué sa surprise et sa désolation, Thierno Lô a condamné, avec la dernière énergie, le défaut d'études préalables avant l'ouverture de la brèche. ?Quand nous avons été au niveau de la brèche, nous avons pu noter le défaut d'études d'impact environnemental. Ce qui est inadmissible. C'est vrai que le canal a contribué à régler le problème des inondations à Saint-Louis, mais à cause de l'absence d'études, il a créé beaucoup de conséquences écologiques néfastes?, a-t-il laissé entendre. Avant d'annoncer que ?les techniciens discutent jusqu'à présent sur les mesures à prendre pour faire face rapidement à l'avancée de ce canal?.
Gabriel BARBIER (Source édition Walf fadjri 21 Juin 2006)

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